À propos

Utagawa Kuniyoshi, L’acteur de kabuki Iwai Shijaku Ier (1804-1845), dans le rôle de Koume, 1835, Gravure sur bois, impression en couleur sur papier japonais 37,3 x 25,5 cm, Issoudun, musée de l’Hospice Saint-Roch, inv. 2011.1.25
Musée de l'Hospice Saint-Roch Issoudun
Le théâtre kabuki voit le jour au début de la période Edo, sa première représentation datant de 1603. Il aurait été inventé par une femme, Izumo no Okuni (vers 1572-1613), et initialement pratiqué par la gent féminine qui interprétait à loisir tous les types de personnages. Ce genre artistique se diffuse rapidement.
Pour se conformer aux valeurs morales prônées par le gouvernement et endiguer la prostitution féminine et masculine qui se développait chez les acteurs, le shogun Tokugawa Iemitsu (1604-1651) interdit aux femmes de se produire sur scène en 1629, puis aux jeunes hommes en 1652. Le kabuki devient alors une affaire d’hommes, qui doivent, à leur tour, interpréter la grande diversité des rôles du répertoire.
Les rôles féminins sont incarnés par des acteurs spécifiques, appelés onnagata (figure de femme). Ces derniers dédient leur carrière à ces rôles et suivent dès l’enfance une longue formation pour moduler leur voix et apprendre les usages féminins (postures, déplacements, modes).
Richement parés, couverts d’un maquillage blanc associé à la beauté, les onnagata incarnent sur scène, et en dehors du théâtre, une idée poétique et idéalisée de la féminité. Durant l’époque d’Edo, ils jouissent d’une fascination intense sur leurs contemporains, hommes ou femmes. Ils influencent profondément les tendances (nouvelles coiffures, nouages de ceintures exubérants, maquillage, etc.) et sont dépeints comme des icônes culturelles par les artistes, notamment Utagawa Kunisada.
