À propos

Le katana est le sabre le plus emblématique du samouraï. Entre le XIVe et le XVIe siècle, le développement de la stratégie militaire fait décliner le tir à l’arc et la cavalerie au profit de l’infanterie. Les longs sabres de cavalerie (tachi) sont peu à peu remplacés par des sabres plus courts, propices au corps à corps, dont la lame mesure environ 70 cm de long. Les lames japonaises sont traditionnellement forgées à partir d’un mi nerai de fer transformé en acier (tamahagane). Ce processus complexe est rendu nécessaire par la mauvaise qualité du minerai disponible dans l’archipel. La lame est feuilletée à plusieurs reprises et soumise à une trempe sélective dans un mélange d’argile réfractaire, de poudre de pierre et de charbon, pour être ensuite polie à l’aide de pierres volca niques. Les forgerons des lames sont très respectés pour leur savoir-faire. Cer tains apposent leur signature, sur la partie enchâssée dans la poignée qui se nomme la « soie » (nakago), rehaussant la valeur de l’arme. Le mu sée Bertrand conserve une lame signée « Maître Minamoto Tsunahiro, province d’Ise » (inv. 890). Actif durant la deuxième moitié du XVIIe siècle, ce forgeron occupe également la haute fonction de troisième fonctionnaire de la région de Sagami.
Le katana est porté à gauche, dans la ceinture, le tranchant vers le haut. Manié à deux mains, l’arme est utilisée pour couper, mais égale ment pour l’estoc. Durant la période d’Edo (1600-1673), les marchands peuvent porter à leur ceinture un sabre court (wakizashi) mais seuls les guerriers peuvent porter le katana ou le daishō (un sabre long et un sabre court portés ensemble). L’arme représente à la fois la force et la tempérance du samouraï, deux vertus cultivées par la Voie du guerrier (bushidō) telle qu’elle est développée durant la période d’Edo.
