À propos

Fours de Jingdezhen Chine, Assiette octogonale à décors kinrande, 1er quart du XVIIIe siècle, Porcelaine, oxyde de cobalt sous couverte, émail rouge et or sur couverte. Musée des Beaux-arts d’Orléans
En 1684, l’empereur Kangxi (1654-1722) rétablit le commerce maritime et les fours impériaux de Jingdezhen. Ces derniers sont réorganisés pour répondre à trois marchés : les commandes impériales, le commerce intérieur et l’exportation.
Les potiers chinois, conscients du succès des porcelaines japonaises à décor de kinrande, les reproduisent à moindre coût. Dès les années 1720, l’importation européenne de kinrande japonais diminue au profit des imitations chinoises.
Cette assiette octogonale à pans coupés (inv. 2000.2.214) présente un médaillon central orné d’un panier fleuri. Il s’agit d’un symbole taoïste qui replace subtilement le rôle de l’homme dans l’univers : l’enclos et le bouquet déployé suggèrent la nature maîtrisée par la volonté de l’homme pour en faire un objet d’attention et de contemplation. Le deuxième registre concentrique alterne des cartouches de motifs végétaux et floraux sur des fonds rouge et or ou bleu et or. Enfin, le décor le plus extérieur articule quatre lambrequins bleus et dorés contenant des fleurs de lotus en alternance avec quatre peintures représentant un couple d’oiseaux au milieu de hautes herbes. Ces petites scènes rappellent la peinture chinoise de fleurs et d’oiseaux.
Distinguer un Imari japonais d’une imitation chinoise n’est pas chose aisée. Quelques indices permettent toutefois d’attribuer aux deux pièces présentées dans l’exposition une origine chinoise : sur l’assiette, le pied est orné d’un triple liseré d’un bleu profond et précis, associé à l’emploi d’un émail doré très clair ; sur la saucière, l’oxyde de cobalt appliqué sous la couverte apparaît plus dilué.



