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À propos

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Poupée traditionnelle japonaise (ningyô)  Japon, XIXe s., période d’Edo (1603-1868) ou ère Meiji (1868-1912) Bois, sciure, papier mâché, textile, verre. Musée Lansyer, Ville de Loches, inv. OA.COLL.1893.60


Cette poupée représente un petit garçon au crâne rasé, vêtu d’un pantalon large (hakama) et d’une veste (haori). Les membres et la tête sont en bois recouvert d’une préparation peinte, tandis que le corps est composé de tissu rempli de sciure de bois. Ces typologies de poupées, appelées Ichimatsu, étaient destinées à un public populaire, contrairement aux poupées Kyoningyô, produites depuis la période Heian (794-1185) pour l’aristocratie et qui se caractérisent par une peau très blanche et des vêtements luxueux. 


Les Ichimatsu, à destination des enfants, étaient vendues sans vêtement, ce qui permettait de fabriquer les costumes souhaités à partir de vieux textiles. Ces ningyô étaient des objets du quotidien et n’avaient pas vocation à être collectionnées. On retrouve pourtant trois poupées similaires, à l’allure de petit garçon, dans les collections du musée des Beaux-Arts et d’Histoire naturelle de Châteaudun (inv. 2007.0.1.176, 2007.0.1.177 et 2007.0.1.178). 


En 1882, la poupée achetée par Emmanuel Lansyer était l’une des deux seules représentantes de cet artisanat dans la Salle orientale de l’exposition de l’Unité centrale des arts décoratifs, aux côtés d’une pièce provenant de la collection de Philippe Burty (1830-1890). Ces objets enfantins ne sont pas souvent représentés au sein des expositions. 


Toutefois, , parmi les fervents collectionneurs et défenseurs du Japonisme, un couple se distingue par son intérêt marqué pour les poupées. Il s’agit du couple Jules (1845-1909) et Valentine (1855-1907) Adeline installés à Rouen. Ils sont en contact avec les principaux diffuseurs de l’art japonais à Paris. Ils réalisent de nombreux allers-retours à la capitale pour fréquenter les marchands, les salles de ventes, mais aussi les Salons et les Expositions universelles. Si nous n’avons pas de traces de rapports entre Emmanuel Lansyer et Jules Adeline, ces deux personnages étaient proches des mêmes cercles d’érudits et partageaient un goût pour les objets issus de la culture populaire japonaise. De même, ils partageaient aussi cette proximité avec les éléments de leurs collections, les intégrant pleinement dans leur quotidien et leur travail artistique : Lansyer peignait des bouquets qu’il mettait en scène dans ses vases en bronzes, Adeline dessinait beaucoup ses poupées dans le domicile familial. 


La collection de poupées du couple Adeline a été léguée au Muséum d’Histoire naturelle de Rouen et présente une Ichimatsu très similaire à celle de Lansyer : même taille, même visage enfantin, les yeux incrustés de de verre (inv. ETHN.200209009).

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