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Café avec des plantes

« Verdun la guerre peut-elle finir ? » – Exposition de livres pauvres

samedi 24 février 2024

vendredi 21 juin 2024

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VERDUN : LA GUERRE PEUT-ELLE FINIR ?

Lancées il y a plus de vingt ans par Daniel Leuwers, les collections de « livres pauvres » ont mis à l’honneur un très riche objet « hors commerce », fruit du mariage entre l’écriture manuscrite d’un poète et l’oeuvre originale d’un peintre, et destiné à être montré au plus large public possible.

Le dernière collection des « livres pauvres » s’intitule « Verdun » et épouse le thème de la guerre assassine qui, dès 1916, s’est cristallisée sur un territoire réduit où Français et Allemands se sont férocement entre-tués. Ce tragique et central épisode de la Première Guerre mondiale ne peut cependant éluder ce que notre monde est en train de vivre avec la prolifération de guerres où les tranchées réapparaissent malgré les pilonnages aériens et la multiplication des drones.

Les livres pauvres, dans leur majorité, se sont référés à la bataille de Verdun, à ses légendaires lieux d’affrontement et d’extermination. Une ligne historique court du Chemin des Dames au Fort de Douaumont.  Poètes et peintres d’aujourd’hui  ont donc retracé à leur manière l’odyssée des « Poilus » dont le martyre s’assortit des souffrances de l’amputation et de la prolifération des « gueules cassées » ( « bleu blanc blouse » de Blanche Baudoin avec Coco Téxèdre). La « Madelon » chargée de soutenir le moral des troupes n’est qu’un illusoire palliatif pour des « Héros-Victimes » (dixit Maryse Renard avec Catherine Bolle) acculés à adresser des appels vains et désespérés à quelque « Petite maman » (comme l’écrit Eric Sarner).

Qu’a laissé dans notre mémoire le nom de Verdun ? Une « ombre, aux noms perdus » pour Yves Namur, un « linceul » pour Béatrice Libert, des « âmes sacrifiées » pour Thierry Lambert, un « Mortuus phallus » pour Enan Burgos. François Rannou (avec Thierry Le Saëc) parle d’un « tremblement incandescent », Skimao (avec Jacques Riby) des « os croisés de Douaumont », Pierre Bergounioux (avec Pierre Buraglio) de l’élimination des « Rastaquères », Michel Lamart de « Trop d’occis pour la gloire, / D’embusqués qui font foire ». Car la guerre, c’est aussi les nantis de l’arrière et les marchands de canon peu soucieux du soldat rêvant « avant la perm ».

Il y a, dans la collection « Verdun », des livres assumés seuls par des poètes qui se font peintres (de Joël Bastard et Laurent Grison à Hubert Haddad, Béatrice Libert, Dominique Sampiero et Lucien Suel) ou bien par des peintres qui se font poètes (Philippe Boutibonnes, Thierry Lambert et Hamid Tibouchi dans « Vers d’un poilu »).

Mais la plupart des livres sont le fruit d’une complicité entre un écrivain et un peintre. Pierre Bergounioux s’allie non seulement avec Pierre Buraglio mais aussi avec Maria Desmée (« Verdun rouge sang »)  qui accompagne à son tour Dominique Grandmont (« OPHIR »),  Michel Lamart (« Bombe à Verdun »), Béatrice Pailler (« Mantra »), Eric Sarner et Daniel Leuwers. Ce dernier fait chemin avec de nombreux peintres (Daphné Bitchatch, Isseo, Marchat, Riby, Alain Suby, Tilman Rothermel (« Au suivant »), Christine Valcke (« Partis ») et  Judith Wolfe (« Trancher »).

On trouve des artistes habitués à des duos complices (Solange Clouvel et Joël Frémiot, Philippe Madral et le photographe Alain Nahum, Pascal Adoué de Mabias et Jean-Pierre Loubat, photographe également). Eminent post-surréaliste, Lou Dubois joue avec les images et les mots (« Vert daim ») tandis que  toutes les facettes de la peinture (figurative, abstraite, expressionniste, intimiste) sont représentées dans la collection, jusqu’au recours au collage (Max Partezana) et aux « techniques mixtes ». Les Otto Dix, Fernand Léger, Georges Braque ou Steinlen ont de lointains successeurs.

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